Gaz de schiste : ce n'est pas nouveau !
Les réunions se multiplient en Ardèche et maintenant dans le Gard. Toujours avec des participations très fortes.
Prenons comme exemple la réunion de St Privat de Champclos, le 10 février dernier. A l'appel de la mairie et de la communauté de communes "Cèze Cévennes", cette réunion, avec peu de moyens de communication, a rassemblé une bonne centaine de personnes (ce qui est un événement en soi); en présence de notre conseiller général qui voulait probablement compenser le manque de réactivité du Conseil Général sur ce sujet (tous les conseils généraux des départements concernés ont pris publiquement une position très nette" contre", celui du Gard est un peu à la remorque, même s'il participe à la réaction juridique mise en place).
Cette réunion, animée par Joël Jolivet, chercheur au CNRS et maire de Tharaux, a largement confirmé tout ce que nous écrivions dans notre article du 3 février "Discrètement lancée en France, la course aux gaz de schiste pourrait donner au pays son indépendance énergétique, mais lui coûter un désastre écologique".
En donnant quelques éléments supplémentaires.
Tout d'abord, que le gaz ne serait récupéré qu'à hauteur de 30%. Ce qui, mis à part les problèmes de pollution provoqués par les 70% restant, est très peu du point de vue de la rentabilité.
L'accent a été mis sur la composition des produits, mélangés à l'eau et au sable, envoyés pour pulvériser la roche. Ces produits représentent 1% de la quantité d'eau. Pour 15000 m3, cela représente 150 litres de produits chimiques. Quand on sait qu'à peine 50 % du liquide est récupéré, on a une idée de ce qui, en plus des 70 % de méthane, se diffuse dans le sous-sol et notamment dans la nappe phréatique.
Ces produits chimiques se composent de :
biocides (prolifération bactérienne)
lubrifiants (pour la pénétration) - composition inconnue
détergents et solvants (pour la récupération) - composition inconnue
La dissolution entraîne la contamination des eaux souterraines. On libère des métaux lourds comme l'arsenic, des sulfates et des nucléotides (phosphate et azote). D'autre part, le méthane est extrêmement soluble dans l'eau.
L'impact sur l'air est très important:
le méthane est un gaz à effet de serre (21 fois plus que le CO2)
après 3 ans, aux USA, on constate d'importantes fuites de gaz dans l'environnement
Sans parler, de la pollution créée par les gazoducs, les aqueducs et les pistes d'accès qui seraient nécessaires.
Le point le plus important de cette conférence a été celui qui a mis en avant la vallée de la Cèze. En effet notre région, notamment sur l'axe Navacelles / Les Fumades , donc la Cèze, est touchée de plein fouet (ce projet d'exploration concerne donc directement la communauté de communes "Cèze Cévennes").
Cela entraînerait pour notre région, une contamination des aquifères, une pollution de la rivière, surtout de toutes les sources, très nombreuses sur le secteur, et l'apparition de microséismes.
Pour plus d'informations, nous vous renvoyons à notre article. Dans cet article vous avez le lien pour consulter, dans son intégralité, le film "Gasland" qui montre bien les nuisances engendrées par ce type d'exploration et d'exploitation aux USA.
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Maintenant, pourquoi disons nous que "ce n'est pas nouveau !" ?
Tout d'abord, il est apparu dans les débats, que dans notre région, des explorations pour identifier les ressources en gaz de schiste ne sont pas nouvelles. Au début des années 80, des tentatives avaient été faites. Il n'y avait pas eu de suite, à l'époque, par manque de rentabilité. Cela va bientôt faire plus de 30 ans.
Autre découverte. Un document sorti des archives de la DRIRE de Midi-Pyrénées (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) démontre, sans équivoque, que la fracturation hydraulique a déjà été utilisée en France. Cette première a eu lieu sur la commune de Franquevielle (Haute Garonne), en mars et en avril 2007, dans le cadre du "permis de Foix".
Confrontée au document, la ministre de l'environnement assure : "je ne découvre pas ça" et confirme qu'il y a "de temps en temps" des fracturations hydrauliques en France. "En général, ce sont des tentatives d'exploration", précise-t-elle. "C'est une technique qui est utilisée traditionnellement dans l'exploration" affirme-t-elle en voulant la banaliser. Ce fameux "permis de Foix" n'était-il qu'une simple tentative d'exploration ? On peut en douter.
Nous sommes bien là dans le cas de figure qui nous préoccupe.
A savoir, l'utilisation extrêmement néfaste pour l'environnement et la santé de cette technique, sans consultation ni information du public.
La ministre, se voulant probablement rassurante, explique que "ce qui (lui) pose le plus problème, c'est la multiplication des fracturations hydrauliques, en surface avec les problèmes paysagers, et en sous-sol avec les risques pour la nappe phréatique "
Une belle manière d'évacuer le sujet.
John Doe