Gaz de schiste : et en plus, c'est radioactif !!
Le New York Times soulève le problème de la radioactivité.
L’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis, qui s’est intensifiée depuis 2008, se fait-elle au détriment de l’environnement et de la santé humaine ?
Selon les informations publiées par le New York Times, la réponse est clairement oui.
En témoigne le titre du dossier publié sur le site Internet du journal : " Une réglementation laxiste pendant que l’eau polluée des puits de gaz frappe les rivières "
Le dossier publié par le quotidien américain, basé sur de nombreuses interviews et la consultation de milliers de documents, étaye ses assertions par des rapports de l'EPA, l'agence américaine de protection de l'environnement.
Selon cette agence, les rejets toxiques, issus de l’exploitation des gaz de schiste, ont des conséquences sur l’environnement et la santé humaine que l’on ne soupçonnait pas.
L’accusation la plus grave du journal concerne les rejets d’eaux usées : " Avec la fracturation hydraulique, un puits produit parfois plus de 4 millions de litres d’eaux usées qui contiennent souvent des sels hautement corrosifs, des cancérogènes comme le benzène et des éléments radioactifs comme le radium, tous pouvant être présents naturellement à des centaines de mètres sous le sol ".
Le New York Times illustre les dangers de ces rejets, au niveau de la Pennsylvanie. Les rapports de l’EPA que s’est procuré le journal, indiquent dans les eaux usées un taux de radioactivité 100 à 1 000 fois supérieur aux normes.
Toujours selon une étude de l’EPA, datant de 2009, jamais divulguée, " les eaux usées, qui sont parfois transportées jusqu’à des stations d’épuration non conçues pour les traiter, et qui sont ensuite déversées dans des rivières qui fournissent de l’eau potable, présentent des niveaux de radioactivité plus élevés que ceux connus auparavant et bien plus hauts que les niveaux considérés comme sûrs par les réglementations fédérales pour le traitement par ces stations d'épuration.". Dans cet État, ce sont plus de 800 000 personnes qui consomment l’eau potable issue du bassin versant dans lequel sont rejetées ces eaux usées.
Autre exemple, le Texas. Dans cet État, qui compte plus de 93 000 puits, les structures hospitalières ont constaté une augmentation anormale du taux d’enfants asthmatiques (25 % constatés contre une moyenne de 7 % auparavant).
Le New York Times évoque aussi la pollution de l’air. " L’état du Wyoming, par exemple, en 2009, n’a pas réussi à respecter les normes fédérales de qualité de l’air en partie en raison des émanations contenant du benzène et du toluène provenant d’environ 27 000 puits dont la grande majorité ont été forés ces cinq dernières années "
Le quotidien dénonce aussi
- les déversements sauvages (il revient moins cher de jeter l'eau que de la traiter),
- les pressions économiques pour réduire les coûts (défaillances des bassins de stockage),
- les contributions de l'industrie gazière à certaines campagnes électorales (ce qui entraine l'autorisation de nouveaux forages),
- certains élus déclarant que la réglementation est trop contraignante envers l'industrie gazière...... Mais tout cela ne peut pas se passer en France ?
N'est-ce pas ?
Quoique !
Rappelons que c’est pendant le Grenelle II que, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie et de l’Énergie, à l'époque, avait autorisé l'exploration de gaz et d’huile de schiste en France.
Ainsi, les révélations du New York Times relancent un pavé dans la mare, alors que l’exploitation des gaz de schiste est déjà un enjeu économique mondial colossal.
Ci dessous, une vidéo explicative des méthodes pour l'extraction du gaz de schiste réalisée à partir du film de Josh Fox "Gasland".
Vous pouvez aussi télécharger l'intégralité du film "Gasland" de Josh Fox sur :
Avec ce lien vous accédez à la page d'accueil d' AGORA VOX. Pour accéder au film, cliquez sur la phrase " Gasland, fracturation hydraulique, attention danger !!! "
POUR PLUS D'INFORMATIONS, NOUS VOUS CONSEILLONS DE RELIRE TOUS LES ARTICLES, CONCERNANT CE SUJET, DEPUIS LE 3 FEVRIER, SUR NOTRE BLOG.