Gaz de schiste : Les positions se précisent au niveau national
Suite à la polémique qui enfle à propos du gaz de schiste, la ministre de l'écologie est montée au front. Elle a demandé à ses services de mener une mission sur les enjeux environnementaux de l'exploitation des gaz de schiste. Un rapport intermédiaire sera rendu en avril et le rapport final en juin (impressionnant !).
Voir notre article : "Discrètement lancée en France, la course aux gaz de schiste pourrait donner au pays son indépendance énergétique, mais lui coûter un désastre écologique" du 3 février 2011.
Citons les propos de la ministre : " Aucune autorisation de travaux sur le gaz de schiste ne sera donnée, ni même instruite, avant le résultat de cette mission". En fait, elle pose le problème en terme d'enjeu : "Est-il possible, en France, d'exploiter ces gisements proprement ? Si ce n'est pas possible, ces gisements ne seraient pas mis en exploitation.". Elle s'est aussi exprimée sur l'impact que pourrait avoir l'exploitation du gaz de schiste sur le développement des énergies renouvelables : " toute exploitation n'aurait d'intérêt que si ça fonctionnait par substitution au gaz importé, jamais en remise en cause de nos engagements en matière d'énergie renouvelable".
Tout d'abord il faut bien dire qu'affirmer que le gaz de schiste, s'il est exploité, ne fera que se substituer au gaz importé n'est pas un engagement très contraignant. Il faut savoir que nous importons 98 % de notre gaz naturel consommé et que la part correspondant à la production nationale (2 %) ne cesse de baisser. Alors, pour la production du gaz de schiste, par rapport aux propos de la ministre, il y a de la marge.
Ce qui ressort de ses déclarations, c'est qu'aucune concertation ne se fera avec les populations concernées avant le démarrage de l'exploration des sous sol par les compagnies pétrolières. Qu'en aucun cas les résultats de cette mission n'interféreront avec la dite exploration.
Deux question se posent :
1/ Pourquoi, à l'époque où JL Borloo a signé les autorisations d'exploration, aucune étude n'a été commanditée sur l'impact écologique de l'exploitation de cette ressource ?
2/ Pourquoi, l'exemple américain n'a-t-il pas été étudié, alors que pour l'instant et probablement pour longtemps on ne pourra exploiter ce gaz qu'avec leur mode d'extraction, l'hydrofracturation ?
Tout cela n'est pas bien clair, mérite que l'on s'y attarde et que l'on suive l'évolution de ce "problème" de très prêt. Ne nous faisons pas d'illusions, les compagnies pétrolières, comme Total, ne lâchent pas facilement un os qu'elles ont déjà commencé à ronger.
Si deux députés européens "d'Europe Ecologie Les Verts" bougent beaucoup au niveau national (ce n'est d'ailleurs pas le seul parti politique qui réagit - ce sujet provoquent des réactions chez beaucoup d'élus, qu'ils soient de droite ou de gauche), on est assourdi par le silence "d'Europe Ecologie les Verts" au niveau de notre canton. Est-ce qu'ils sont empêtrés dans leur "négociation" avec E.Chaulet ? Il est vrai qu'un soutien au candidat "front de gauche", qui n'a jamais vraiment prouvé qu'il était un écolo convaincu tout au long de sa carrière politique, pourrait paraître bizarre aujourd'hui et passer pour de la magouille politicienne. Notons que dans ses premières réunions publiques, E.Chaulet a passé sous silence le problème des gaz de schiste. Curieux, non ?
Etant donné l'ampleur du problème, nous pensons qu'il serait souhaitable qu'un candidat "d'Europe Ecologie Les Verts" soit présent dans la campagne des cantonales.
John Doe