Une saison en trompe l'oeil !
Le 24 juillet, dans le Midi Libre, le Comité Départemental du Tourisme glorifie la clientèle étrangère.
Le 26 août, toujours dans le Midi Libre, organe essentiel à la pensée universelle, on découvre en première page : « Tourisme : le carton plein de la région », avant, toutefois, de constater, à l’intérieur, que cela ne concerne que les grands sites.
Le 4 septembre, le Président du Comité Départemental du Tourisme est satisfait de la saison.
Le 13 septembre, c’est le Comité Régional du Tourisme qui annonce : « le bel été de la région ».
C’est évident, le mot d’ordre est de faire passer le message suivant : la saison a été bonne et il est déconseillé de penser le contraire. Ce sont nos élites qui décident en se basant sur des études probablement orientées et qui sont loin de prendre en compte les données de tous les acteurs de l’économie touristique. Il ne faut surtout pas faire peur au menu peuple par ces temps troublés.
Quand on se penche un peu plus sur le problème, c’est loin d’être aussi évident.
On constate, tout d’abord, que la saison touristique (comprendre par là le pic de fréquentation), économiquement parlant (en fait, c’est tout ce qui nous intéresse) a commencé véritablement le week end du 24 juillet. Jusqu’à la 3ème semaine d’août beaucoup de monde. Mais quand on regarde de plus près, on constate que la pratique de séjours très courts (3 à 4 jours) provoque une impression de mouvement et de foule, mais n’entraîne pas une augmentation des dépenses, bien au contraire. Si les activités gratuites (les marchés qui ont troqués leur activité commerciale pour une activité d’animation touristique par exemple) drainent beaucoup de monde, il n’en est pas de même pour les activités payantes, même si quelques uns ont pu tirer leur épingle du jeu.
Un exemple qui nous est proche, une première estimation sur Vallon estime à 15% la baisse de fréquentation sur la saison.
Les restaurants, dont le nombre est malheureusement en constante augmentation, ont globalement fait une mauvaise saison. Plusieurs restaurateurs nous ont même confié avoir fait la plus mauvaise depuis leur création.
Au niveau des campings, malgré le discours positif, il n’est pas évident que, sur l’ensemble de la saison, le résultat soit brillant.
Les gîtes et chambres d’hôtes ont fait un résultat catastrophique pour certains et médiocre pour les autres. Il semblerait que, comme pour les hôtels, le haut de gamme s’en soit mieux sorti (je dis bien « il semblerait »).
Maintenant, il y a le cas Barjac.
Plus que jamais, cet été, la politique d’un tourisme uniquement orienté sur l’événementiel a montré ses limites. D’autant plus que les manifestations (anciennes et nouvelles) s’adressent dans presque tous les cas à des populations fermées, n’ayant pas forcément l’intention de consommer sur le village (où alors, le moins possible).
Nous sommes dans une commune ou la politique de la municipalité pousse les associations au para commercialisme pour financer leurs activités. Para commercialisme, qu’elle-même pratique à l’excès (par exemple : intervention de la cantine scolaire dans certaines manifestations, mise en place d’intervenants extérieurs venant en concurrence avec les commerces locaux, etc …).
Il serait temps, dans notre village, que tout événement organisé, subventionné ou même tout simplement soutenu par la municipalité, donc vivant grâce à nos impôts, n’ait qu’un seul but : le développement économique pour le bien des habitants de la commune, plutôt que de servir l’égo du Maire, la valorisation de certaines personnes ou la propagande (publicité, pardon) pour des causes ou des produits qui enrichissent beaucoup de gens mais certainement pas les barjacois.
Je ne m’étendrais pas sur l’inefficacité de l’Office de Tourisme qui n’est qu’un outil au service du conseil municipal et qui n’a pour but que la promotion des événements créés par celui-ci. Il est totalement déconnecté des réseaux de promotion touristique, notamment des autres offices du secteur et plus généralement du Gard ; condition essentielle au développement de notre village en osmose avec celui des autres communes (avec elles, pas contre elles).
Accessoirement, beaucoup ont constaté que la coupure de la route dans les gorges de la Cèze, nous avait privés d’une clientèle régionale d’habitués (l’impact sur les autres touristes étant difficile à déterminer) et avait pesé sur la fréquentation des cars touristiques.
Je tenais à vous donner mon sentiment sur la saison touristique 2010 et je remercie l’équipe du petit barjacois de m’en donner l’occasion.
Désolé si je ne vais pas dans le sens du vent.
AL