Les trois visages d'Edouard Chaulet
Lu dans le Midi Libre de ce matin, la phrase d'Edouard Chaulet : " J'ai l'impression d'être un peu l'Antoine Pinay de St Chamond " et " Il semble que j'ai une image de sage, tout de même, dit-il étonné, après avoir reçu plusieurs demandes de soutien dont trois candidats Europe Ecologie de la région niçoise ".
Premier commentaire : il est étonné (indice de modestie) mais il s'empresse de faire publier cette information à la deuxième page du Midi Libre (c'est la grenouille voulant se faire plus grosse que le boeuf). Cela s'appelle de la fausse modestie.
Premier visage, il s'identifie à Antoine Pinay.
Tout d'abord, Antoine Pinay a toujours été de Droite, de la Droite Libérale.
Son parcours, assez accidenté, c'est le moins que l'on puisse dire, mérite un rapide examen :
{Il est né le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône) et mort le 13 décembre 1994 à Saint-Chamond.
Sa carrière politique : Industriel, il a été maire de Saint-Chamond (Loire) de 1929 à 1977. Sa carrière nationale commence en 1936 quand il est élu député de la Loire de l'Alliance démocratique (droite modérée), jusqu'en 1938. Il est ensuite élu sénateur en 1938.
Il vote en 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En 1941, il est nommé au Conseil national de Vichy, puis décoré de la francisque, faisant partie selon sa biographe Christiane Rimbaud des notables de province sur lesquels le régime voulait s’appuyer. Il refuse pourtant les propositions qui lui sont faites de servir Vichy et démissionne dès 1942 du Conseil national. En 1943, il rejette la proposition qu’on lui fait de la préfecture de l’Hérault. Il contribue également à faire passer des juifs et des résistants en Suisse et à Alger. Sylvie Guillaume, auteur d'une thèse sur Pinay, estime que la volonté d'associer Pinay à Vichy malgré la réalité est le fruit de la volonté de ses « adversaires communistes ». De même, Christiane Rimbaud estime que les communistes lui firent un « mauvais procès » en l'associant au régime de Vichy alors qu'il a résisté.
Membre du Centre national des indépendants et paysans (CNIP, parti de droite libérale), il poursuit sa carrière politique pendant la IVe et la Ve République. Député de 1946 à 1958, il entre au gouvernement comme secrétaire d'État en 1948, puis ministre en 1950.
Président du Conseil du 8 mars 1952 au 23 décembre 1952, il lance un premier emprunt national, gagé sur l'or. Il lutte efficacement contre l'inflation dans le contexte économique très favorable de la fin de la Guerre de Corée, et signe en mai 1952 le traité de Paris instituant la Communauté européenne de défense (CED).
Il est candidat à la présidence de la République en 1953. En 1955, il est Ministre des Affaires étrangères et permet l'indépendance du Maroc et ouvre la voie à l'autonomie tunisienne.
Charles de Gaulle le choisit pour le ministère des finances en juin 1958. Antoine Pinay lance un second emprunt national et préside au passage au nouveau franc.
En désaccord avec la politique algérienne et extérieure du gouvernement, il remet sa démission en janvier 1960. Il abandonne ensuite toute activité politique nationale.
En 1973-1974, il est le premier Médiateur de la République, fonction créée par le gouvernement Messmer sous Pompidou.
Il a laissé l'image d'un gestionnaire prudent et efficace. Jusqu'à la fin de sa longue vie (presque 103 ans), celui que l'on surnomme « le sage de Saint-Chamond » est consulté par de nombreux hommes politiques.}
(SOURCE WIKIPEDIA)
Voilà l'homme auquel s'identifie Edouard Chaulet, membre du Parti Communiste Français.
Rien que ça !
Deuxième visage : l'image qu'il donne à l'extérieur.
Il semble, si ces demandes de soutien existent réellement, que ce Monsieur véhicule une image qui n'a rien à voir avec sa nature profonde. Cette image de porte-drapeau de l'écologie ne peut fonctionner qu'avec des gens qui,
ou sont convaincus à tord de sa fibre écologique,
ou veulent simplement se servir de la petite notoriété qu'il a su se fabriquer pour leur propre promotion personnelle.
Mais, de toute façon, avec des gens qui ne le connaissent pas vraiment
Troisième visage, celui que les gens du cru (clin d'oeil) connaissent.
Au niveau de notre canton, la présence d'un candidat d'Europe Ecologie - Les Verts, prouve, s'il en était besoin, que les écologistes qui le connaissent ne le considèrent pas comme étant des leurs (pourtant, ils ont réfléchi longtemps).
Ils ont absolument raison. Il y a une différence entre se servir de l'écologie à des fins personnelles et être convaincu de la justesse du combat écologique.
Mais dans cette histoire, le pompon, c'est quand même lorsque le candidat du "Front de Gauche" se prend pour un ministre des finances du général de Gaulle, membre du Centre National des Indépendants et Paysans (CNIP, parti de droite libéral). C'est Mélenchon qui doit être content !
C'est savoureux.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
PETITE REMARQUE AU MIDI LIBRE :
Il serait souhaitable, que ce journal, qu'au demeurant nous apprécions, ne serve pas de relais à E. Chaulet pour sa campagne électorale. Beaucoup de lecteurs apprécieraient que notre journal régional fasse preuve de neutralité à un mois des élections.
S'il continue à relater tout ce que dit ou fait E. Chaulet, il doit ouvrir ses pages aux autres candidats dans la même proportion. S'il ne le faisait pas, le Midi Libre risquerait de perdre le crédit qu'il a auprès des lecteurs assidus dont nous sommes.
Nous comprenons que cela est un peu difficile quand le correspondant local est lui-même conseiller municipal, aux ordres de son maire. Mais, là aussi, il serait peut-être temps de corriger cette situation, incomprise par de nombreux barjacois