L'agriculture bio : enjeu des régionales ?

Publié le par Admin

Photo 168Décidément, l’agriculture est au cœur des préoccupations de nos grands penseurs. Il est dommage que tous ces messieurs aient laissé nos paysans à l’abandon depuis si longtemps.

 

 

Nous écrivons cela, parce qu’un article du blog d’E.Chaulet nous a particulièrement choqué. En effet, sous le titre « intervenons ensemble dans le débat des régionales » E.Chaulet essaie de justifier son projet d’agriculture bio en s’appuyant sur un appel signé par des personnes qui n’ont jamais vécu du travail de la terre (ce qui n’empêche pas que la terre, au travers de leurs publications, les fait certainement vivre beaucoup mieux que nos agriculteurs).

Un seul élément positif : il reconnaît (enfin !) que le bio est un produit de luxe, nous le citons « Ici l’accès à une nourriture sans pesticide préservant la santé et l’environnement devient un luxe ». C’est la reconnaissance d’une alimentation à deux vitesses. Défendre la cause de ce déséquilibre, de la part d’un élu communiste ….. ????

 

A part cela, que dit-il ?

 

Que les jeunes agriculteurs ne peuvent s’installer à cause d’une logique spéculative qui rend la terre inaccessible. C’est certain, mais constatons tout de même que des jeunes agriculteurs, il en existe et nous ne sommes pas convaincus que les structures qui se mettent en place pour développer l’agriculture biologique soient exemptes d’arrières pensées spéculatives.

 

Que cette logique spéculative accentue l’étalement urbain et la multiplication de résidences dispersées dans les zones rurales « mitage », nous n’en sommes pas convaincus. S’il est évident que le développement des villes doit être pensé en terme de développement durable, l’urbanisation doit se poursuivre afin de répondre à des besoins aussi essentiels que le logement. Les zones urbaines sont appelées à s’étendre et le mitage des zones rurales à se développer.

Le problème essentiel en zones rurales, c’est le développement de l’emploi (mais pas uniquement agricole) si l’on ne veut pas avoir une population vieillissante qui, à terme, pour des raisons de santé évidentes, désertera ces mêmes zones (A Barjac, le pourcentage des retraités est passé de 27 % en 1999 à 31% en 2006).

 

Il est essentiel de développer les moyens de communication (déploiement du haut débit créateur d’emplois à domicile), les moyens de transport (saluons, ici, l’initiative du Conseil Général, avec la création du réseau « Edgard »), le maintien d’équipements médicaux, le maintien de services publiques de qualité, de commerces accessibles en terme de prix, de banques, de distractions de qualité (eh oui !) etc …

 

Il nous semble que c’est plutôt dans ce sens que l’on doive solliciter les candidats aux prochaines élections régionales.


Les agriculteurs en place ont besoin d’aide, ils n’ont pas besoin d’être remplacés. Il faut aider les  petites structures existantes qui dans bien des cas font « vivre » des familles entières.

 

A propos de l’agriculture, nous reproduisons, ci-dessous, un article du Midi Libre en date du  7 décembre 2009, qui reflète bien les préoccupations des jeunes agriculteurs dans le Gard (vous voyez, M.Chaulet, ils existent). Ils sont lucides et plein d’idées. La démarche, initiée par des gens comme E.Chaulet, veut les voir disparaître à terme puisqu’elle les considère comme des semeurs de mort, alors qu’ils ont été les premiers à évoluer au travers de l’agriculture raisonnée vers la production de produits plus sains, bien avant qu’E.Chaulet ne se préoccupe de notre santé en prônant le bio.

 

L’article :    

Midi libre / Édition du lundi 7 décembre 2009  

 

Ales. Agriculture Le bio fait son chemin

Le syndicat des Jeunes agriculteurs du Gard (JA) va profiter de son assemblée générale, demain après-midi, au Mas Cheylon, pour dire tout ce qu'il pense de l'agriculture biologique. Car le bio est sur toutes les lèvres, un vrai phénomène de société, et ça commence un peu à agacer les JA : les parents (et voilà que les élus s'y mettent) veulent qu'on serve du bio dans les cantines, le vin bio se vend bien, acheter bio relève d'un acte citoyen et revient à sauver la planète. D'où le sentiment qu'il y a presque deux sortes d'agriculteurs dans l'opinion publique : quelques gentils qui font du bio et des produits sains et tous les autres, rien que des méchants, soupçonnés de chercher à empoisonner la planète. Or, les choses sont plus compliquées que ça, explique Xavier Fabre, d'où le débat de lundi, sachant que les Jeunes agriculteurs du Gard ont des producteurs de bio dans leurs rangs. « Est-il logique, parce qu'elles sont estampillées bio, d'acheter des fraises du Chili à Noël ?, demande Xavier Fabre, président des JA sur le point de passer la main. Ne serait-il pas mieux de respecter la saisonnalité des fruits et légumes au lieu de leur faire parcourir des milliers de kilomètres pour arriver ici ? » Le bio, d'autre part, n'exclut pas les traitements. « Remplacer certains produits par du cuivre génère par endroits, dans les sols, des taux de métaux lourds qui deviennent inquiétants », dit un jeune agriculteur selon lequel le désherbage non chimique est certes préférable, mais génère beaucoup de CO2 « puisqu'il faut faire passer le tracteur 4, 5 ou 6 fois au lieu de 2 ».
Bref, attention aux idées reçues, avertissent les Jeunes agriculteurs, qui rêvent d'entendre dire autant de bien de l'agriculture raisonnée qu'ils pratiquent que de l'agriculture bio.
« On ne veut pas faire le procès du bio, mais ce n'est peut-être pas la seule voie. D'autant qu'on ne sait guère où il peut nous mener : si tout le monde se met au bio, qui coûte aujourd'hui 30 % plus cher à faire, rien ne prouve que les prix du bio se maintiendront alors que les charges, elles, ne pourront baisser. » Au final, les Jeunes agriculteurs pensent qu'il faut aussi, à côté du bio, valoriser l'agriculture raisonnée, qui s'en rapproche de plus en plus, apprendre au consommateur à faire avec les produits de saison et imposer à la grande distribution qu'elle en fasse autant et réserve la part belle de ses rayons aux produits locaux.

Ph. B


Et si, un jour, tout ce petit monde décidait de se mettre autour d'une table pour le bien de tous.

On peut rêver.



John Doe

 

Publié dans actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article